Zulma, ivresse de la couverture

Peut-être avez-vous déjà croisé la route d’un livre des éditions Zulma. En tout cas, difficile de s’empêcher d’être attiré par leurs motifs ultra colorés dans les rayons des librairies !

Certains parleront de « couverture papier-peint » mais Zulma a réussi à se forger une véritable identité visuelle, essentielle pour survivre dans la production pléthorique de romans.

Attardons-nous un peu…

Pour David Pearson, leur concepteur, le rôle de la couverture est de « surprendre et intriguer, sans pour autant chercher
à tout prix à séduire. Et bien sûr [elle] doit être en symbiose avec le texte ».

Un cartouche triangulaire intégrant un liseré, le logo Z et une simple police Garamond. On a là affaire à un bel exemple d’élégance minimaliste !

Là où la collection Cadre Rouge de Gallimard peut apparaître monotone, l’utilisation d’un fond unique par roman, apporte ici à chaque œuvre un surcroît d’identité (certains auteurs ont un motif attitré).

Zulma éditant beaucoup de littérature exotique (nordique, africain, indonésienne…), l’utilisation de motifs ethniques permet également de situer géographiquement les œuvres d’un coup d’œil.

Pour ma part, je suis en pâmoison et je sens que j’ai encore trouvé une bonne (mauvaise) raison de dévaliser mon libraire ! En attendant, je vous ai concocté une intégrale du catalogue de Zulma sur SensCritique – plus de 150 couvertures à découvrir !

J’ai découvert le travail de Zulma avec Le Messie du Darfour, roman du soudanais Abdelaziz Baraka Sakin que je vous recommande chaudement. C’est une véritable plongée dans la guerre du Darfour, conflit d’ampleur très importante mais méconnu à cause de son éloignement et de sa complexité. En son cœur, il y a personnage de femme forte portant un nom d’homme, Abderrahman, qui va prendre les armes. Elle est particulièrement touchante. En 200 pages environ, vous découvrirez une voix et un pays. C’est pas mal, non ?

Le roman a par ailleurs reçu plusieurs prix littéraires (dont le Prix Littérature du Monde 2017) et fait l’objet d’une censure dans son pays d’origine.

À noter également l’existence chez Zulma d’une collection de poche à prix réduit nommée Z/a. Je viens de me procurer dans celle-ci le recueil de nouvelles indiennes Mes seuls dieux de l’autrice Anjana Appachana. Les reflets de la couverture argentée sont simplement magnifiques T_T

Je vous donnerai des nouvelles du contenu prochainement !

En attendant, si les belles couvertures vous intéressent, je vous invite à lire le mémoire illustré de Camille Zammit L’apparence du livre : l’art de l’identité visuelle dans l’édition littéraire française que j’ai utilisé comme source pour le présent article. Elle s’attarde en plus de Zulma sur trois autres maisons d’édition indépendantes aux identités visuelles marquantes : Le Tripode, Monsieur Toussaint Louverture et Sabine Wespieser.

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