Palmomètre 2007

Chaque année, je regarde les films de la Sélection officielle cannoise de l’an passé. J’essaie aussi de regarder une sélection d’une année plus ancienne. Ça fait tout de même plus de 10 ans de festival cumulés et je me suis dit qu’il serait intéressant de vous partager mes classements et, qui sait, vous faire bookmarker quelques pépites oubliées !

L’édition 2007 est l’une de mes éditions préférées, are you ready ? (spoiler : pour une fois je suis assez en phase avec le palmarès)

Palmarès officiel

  • Palme d’or : 4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu
  • Grand Prix : La Forêt de Mogari de Naomi Kawase
  • Prix du jury : Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud et Lumière silencieuse de Carlos Reygadas
  • Prix spécial du 60ème festival : Gus van Sant pour Paranoid Park
  • Prix de la mise en scène : Julian Schnabel pour Le Scaphandre et le Papillon
  • Prix du scénario : Fatih Akin pour De l’autre côté
  • Interprétation féminine : Jeon Do-yeon pour Secret Sunshine
  • Interprétation masculine : Konstantin Lavronenko pour Le Bannissement

Jury : Stephen Frears (président), Marco Bellochio, Maggie Cheung, Toni Collette, Maria de Medeiros, Orhan Pamuk, Michel Piccoli, Sarah Polley, Abderrahmane Sissako

Cette sélection regorge de films ayant connu un beau succès public, j’en avais déjà vu 7 sur 22 avant de me lancer dans la rétrospective !

22ème : Une vieille maîtresse

Catherine Breillat (France)

5/10

Je suis resté assez hermétique au film. Il se dégage du jeune couple et des décors un romantisme certain mais j’ai eu du mal à rentrer dans l’ambiance à cause des dialogues très écrits. La fin m’a aussi un peu déçu, peut-être trop classique ?

21ème : L’Homme de Londres

Béla Tarr et Ágnes Hranitzky (Hongrie)

6/10

Béla Tarr et Ágnes Hranitzky peignent une nouvelle fois de magnifiques tableaux en noir et blanc, fixes et hypnotiques, dont ils ont le secret. Je suis plus réservé sur le manque d’enjeux du scénario et le traitement sonore (voix monocordes, mixage son rendant la musique omniprésente et un peu pénible à la longue…).

20ème : Import/Export

Ulrich Seidl (Autriche)

6/10

Ce film est un peu bas dans le classement mais a de belles qualités : une photographie renversante et deux personnages qui se rebellent face à leur destin (j’adore ça !). Après, il y a un côté provoc’ facile qui me plaît moins – le sordide finit par avoir un caractère tellement systématique tant et si bien qu’il n’atteint plus…

19ème : Zodiac

David Fincher (États-Unis)

6/10

Un film très apprécié et que j’apprécie également. L’ambiance est excellente, avec San Francisco comme personnage à part entière. Il y a des parti-pris esthétiques vraiment saisissants. Mais je trouve Zodiac totalement victime de sa  volonté d’hyperréalisme – le ton est souvent didactique, l’histoire part dans toutes les directions (comme la vie, mais ça n’aide pas à maintenir l’intérêt sur 2h42 surtout quand on connaît le dénouement de l’histoire dès le début). Les reconstitutions des meurtres sont angoissantes mais un peu gratuites à mon sens.

18ème : Boulevard de la mort

Quentin Tarantino (États-Unis)

6/10

Boulevard de la mort est un film fun bien sûr, mais c’est un tout petit Tarantino. Au fond, un slasher assez classique et un peu longuet. Pour moi, il perd de sa force seul et je ne peux que vous inviter à tenter l’expérience Grindhouse comme elle a été pensée à l’origine par Tarantino et Rodriguez : en double feature, versions courtes des deux segments, avec le génial intermède « fausses bandes-annonces » entre les deux !

17ème : Souffle

Kim Ki-duk (Corée du Sud)

6/10

Il y a deux parties dans ce film, une première assez froide et dont on peine à saisir les enjeux. Et une seconde, déglinguée et riche en rebondissements. Une curiosité à voir.

16ème : Promets-moi

kinopoisk.ru

Emir Kusturica (Corée du Sud)

7/10

Il serait difficile de reprocher à Kusturica l’hystérie qui se dégage de son film car c’est ça marque de fabrique. Étonnamment, elle est un peu fatigante au début et, alors même qu’elle se renforce à mesure que le film avance, c’est elle qui emporte dans la seconde moitié. Les personnages sont peut-être un peu caricaturaux mais drôles et attachants.

15ème : Paranoid Park

Gus van Sant (États-Unis)

7/10

Une ambiance skate avec une photographie très douce et du Elliott Smith en bande-son, on est chez Gus van Sant, pas de doute possible ! Le film évite les clichés sur l’adolescence avec un certaine grâce mais le scénario se met vite à tourner en rond (malgré une durée assez courte).

14ème : Alexandra

Alexandre Sokourov (Russie)

7/10

La guerre en Tchétchénie par le prisme d’une grand-mère visitant un camp de soldat. Elle est une sorte d’incarnation de l’âme russe. Le dispositif est intelligent mais, une fois mis en place, nous met un peu sur des rails. Néanmoins, on ne s’ennuie pas grâce à la mise en scène qui présente beaucoup de raffinement.

13ème : La nuit nous appartient

James Gray (États-Unis)

7/10

Encore un film très populaire ! Je trouve le sujet assez classique – deux frères, l’un policier et l’autre dans le milieu de la nuit – mais j’aime beaucoup les acteurs et la mise en scène. Plus précisément, j’aime beaucoup la scène de poursuite en voiture sous la pluie qui est un vrai moment de bravoure. Au final, j’ai plus aimé le film pour sa sensorialité  que pour son scénario à proprement parler. C’est déjà très bien.

12ème : My Blueberry Nights

Wong Kar-wai (Hong Kong)

7/10

Ce film montre un univers plein de douceur qu’on a plaisir à visiter. Après, il a un peu l’inconvénient des films à segments : difficile d’être homogène. À cet égard, le segment avec Natalie Portman surclasse logiquement les autres. Sympathique.

11ème : Lumière silencieuse 

Carlos Reygadas (Mexique)

7/10

Le cinéma de Carlos Reygadas est très spécial. Déjà, poser sa caméra dans une communauté mennonite du Mexique et tourner son film en plautdietsch, c’est un acte de bravoure. En ressort un film étrange, long et hypnotique auquel tout le monde n’adhérera pas mais qui est une véritable expérience.

10ème : Tehilim

Raphaël Nadjari (Israël / France)

7/10

Les effets de la disparition d’un père sur sa famille. Même s’il manque d’enjeux, le film est émouvant grâce à ses interprètes qui ne manquent pas d’énergie et à sa réalisation tout en sobriété. Peut-être un peu simple mais intéressant.

9ème : De l’autre côté

Fatih Akin (Allemagne / Turquie)

7/10

On reconnaît tout de suite la patte de Guillermo Arriaga au scénario (même s’il n’est pas crédité). Le film est intéressant et propose des personnages nuancés et une image réussie. Un petit regret sur la mise en parallèle de l’histoire du fils et de la fille : je trouve celle du fils en retrait.

7ème : La Forêt de Mogari

Naomi Kawase (Japon)

8/10

La Forêt de Mogari est un film sur le deuil où tout passe par la sensorialité et le contact avec la nature dans le plus pur style de Naomi Kawase. Simple, touchant, poétique et esthétique… Si vous aimez ce genre de traitement, foncez !

6ème : Secret Sunshine

Lee Chang-dong (Corée du Sud)

8/10

Une histoire cruelle, riche en émotions et en surprises glaçantes. Le film est formellement très réussi, sombre comme son nom l’indique, presque étouffant quand on a compris vers on l’où va. Une réussite !

5ème : Persepolis

Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (France)

8/10

Joli témoignage au graphisme original et soigné. Des personnages attachants et beaucoup d’humour (malgré des sujets difficiles). Peut-être moins complet que la bande dessinée dont il est adapté mais plus accessible. Les deux se complètent bien.

4ème : Le Bannissement

kinopoisk.ru

Andreï Zviaguintsev (Russie)

8/10

Voilà un très beau film porté par une photographie très douce et un scénario au découpage intelligent qui nous plonge petit à petit dans l’horreur. Le Bannissement a la force et le souffle d’une œuvre classique.

3ème : Les Chansons d’amour 

Christophe Honoré (France)

9/10

Un film culte pour toute une génération. Non seulement le livret d’Alex Beaupain est excellent mais la mise en scène est pleine d’idées et le casting a un charme fou. Je l’ai revu une dizaine de fois (et je revois pourtant très rarement les films) !

2ème : Le Scaphandre et le Papillon 

Julian Schnabel (France)

9/10

L’histoire est passionnante et la mise en image est audacieuse et enchanteresse (alors que c’était le point casse-gueule de l’adaptation). Certaines scènes me font chavirer tant l’émotion est forte. Un chef d’œuvre tout simplement.

1er : 4 mois, 3 semaines, 2 jours 

Cristian Mungiu (France)

9/10

Sur le sujet de l’avortement, un coup de poing nécessaire. Le dispositif narratif est d’une grande force car l’héroïne est une amie de la jeune fille enceinte, donc à la fois en décalage et au cœur du sujet. Elle est porteuse, à travers son interprète, d’une lumière et d’une force incroyable. Une palme indispensable.

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