Palmomètre 2008

Chaque année, je regarde les films de la Sélection officielle cannoise de l’an passé. J’essaie aussi de regarder une sélection d’une année plus ancienne. Ça fait tout de même plus de 10 ans de festival cumulés et je me suis dit qu’il serait intéressant de vous partager mes classements et, qui sait, vous faire bookmarker quelques pépites oubliées !

La sélection officielle de Cannes 2008 est assez homogène avec quelques curiosités à découvrir ! Comme en 2007, je suis assez en phase avec le palmarès de cette année.

Palmarès officiel

  • Palme d’or : Entre les murs de Laurent Cantet
  • Grand Prix : Gomorra de Matteo Garrone
  • Prix du jury : Il divo de Paolo Sorrentino
  • Prix spécial du 61ème festival : Catherine Deneuve et Clint Eastwood
  • Prix de la mise en scène :  Nuri Bilge Ceylan pour Les Trois Singes
  • Prix du scénario : Jean-Pierre et Luc Dardenne pour Le Silence de Lorna
  • Interprétation féminine : Sandra Corveloni pour Une famille brésilienne
  • Interprétation masculine : Benicio del Toro pour Che

Jury : Sean Penn (président), Jeanne Balibar, Rachid Bouchareb, Sergio Castellitto, Alfonso Cuarón, Alexandra Maria Lara, Natalie Portman, Marjane Satrapi, Apichatpong Weerasethakul

Je n’avais vu que trois films de la sélection avant d’entamer ma rétrospective.

22ème : La Frontière de l’aube

Philippe Garrel (France)

3/10

Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout adhéré au film. Les effets de mise en scène et certaines scènes (celles dans l’asile) font, pour moi tomber le film dans le ridicule.

21ème : My Magic

Eric Khoo (Singapour)

4/10

Le mélange de personnages pauvres et naïfs et d’ultraviolence me met toujours très mal à l’aise. On sent que le film veut transmettre une certaine poésie mais j’ai trouvé qu’il n’y parvenait pas à cause de son image jaunie et précipitée. L’acteur principal à beaucoup de charisme cependant.

20ème : La Femme sans tête

Lucrecia Martel (Argentine)

5/10

J’ai bien aimé le traitement formel du film, qui est assez original mais l’ensemble apparaît un peu trop comme une succession de saynètes naturalistes (d’intérêt variable).

19ème : 24 City

Jia Zhangke (Chine)

5/10

Un mélange très audacieux de documentaire et de témoignages de fiction sur la destruction d’une cité ouvrière. Hélas, je trouve que ce dispositif affaiblit la force du propos au final.

18ème : Rendez-vous à Palerme

Wim Wenders (Allemagne)

6/10

Un film assez modeste, porté par une énergie positive très agréable. Le personnage principal (un photographe) est une sorte de miroir du réalisateur. Résultat : quelques segments un peu nombrilistes mais le milieu du film est efficace.

17ème : Les Trois Singes

Nuri Bilge Ceylan (Turquie)

6/10

Sur un scénario un peu déjà vu (une histoire d’adultère), un portrait social plutôt sympathique porté par des interprétations réussies. Beaucoup de filtres sur la photographie rendent l’atmosphère inutilement pesante à mon sens.

16ème : Serbis (Service)

Brillante Mendoza (Philippines)

6/10

Instantanés de vie familiale dans un cinéma porno / baisodrome gay. Les scènes marchent bien mais au final, je suis un peu frustré que certains fils narratifs lancés ne trouvent pas de conclusion.

15ème : Adoration

Atom Egoyan (Canada)

7/10

Voilà un film assez étonnant avec un scénario riche en faux-semblants. L’utilisation d’écrans à l’image est un peu un pensum des films auteurisants post-2000 mais pour une fois plutôt bien amené et justifié par le thème (le souvenir d’événements traumatiques). La casting inhabituel est sympathique.

14ème : Leonera

Pablo Trapero (Argentine)

7/10

Julia accouche en prison. Un sujet intéressant et nécessaire porté par une actrice remarquable (Martina Gusman). Le film n’est pas très surprenant mais apparaît nécessaire et le scénario ne manque pas de moments forts.

13ème : Two Lovers

James Gray (États-Unis)

7/10

Les histoires de triangle amoureux sont légions mais celle-ci est particulièrement réussie. La réalisation est peut-être un rien artificielle par moment mais l’émotion est là. À ne pas sous-estimer.

12ème : Blindness

Fernando Meirelles (Brésil)

7/10

J’ai un souci avec le film : des ruptures de ton trop brutales entre légèreté et le glauque le plus total. Le résultat est très perturbant (mais cette désorientation n’est pas que négative eut égard au sujet : toute la population devient aveugle). Il y a beaucoup d’idées, la photographie est divine et Julianne Moore livre une prestation remarquable.

11ème : Un conte de Noël

Arnaud Desplechin (France)

7/10

Film choral désarticulé avec certains fils narratifs qui semblent un peu vains… Mais on est vraiment emporté par les personnages hauts en couleur de ce film au casting quatre étoiles ! C’est tout le talent de Desplechin.

10ème : Le Silence de Lorna

Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique)

7/10

Le film en déroutera certains mais j’ai trouvé le parti-pris de scénario intéressant et le traitement esthétique, tout en âpreté, raccord avec l’histoire. Les acteurs livrent des performances solides.

9ème : Synecdoche, New York

Charlie Kaufman (États-Unis)

7/10

Le grand motif de Kaufman, c’est la mise en abyme. Avec son premier film en tant que réalisateur, il tente d’aller jusqu’au bout. Ça donne des scènes folles, très drôles et inventives, mais des personnages peut-être un peu dilués dans ce camaïeu de gris.

8ème : Une famille brésilienne

Daniela Thomas et Walter Salles (Brésil)

7/10

Encore une chronique familiale mais dont les différentes histoires se font remarquablement écho pour brosser un portrait de la société brésilienne. La mise en scène est nerveuse et les dialogues bien écrits.

7ème : Il Divo

Paolo Sorrentino (Italie)

7/10

Film passionnant sur un animal politique inconnu en France mais majeur en Italie (Giulio Andreotti). Le ton si particulier de Sorrentino parvient à rendre le sujet vivifiant. Les acteurs sont formidables et font vivre leurs maquillages. Petit ventre mou au milieu, le spectaculaire a été gardé pour le début et la fin.

6ème : Delta

Kornél Mundruczó (Hongrie)

7/10

Les sujets sont multiples et peu engageants sur le papier : retour à la nature, inceste, village rongé par l’alcoolisme… La photographie est belle à se damner, chaque plan est un tableau. La fin est assourdissante de violence. Pas pour tout le monde mais puissant.

5ème : Che – 1ère et 2ème Parties

Steven Soderbergh (États-Unis)

7/10

Un biopic aux dimensions grandioses, au montage atypique et aux images inventives. Il ne tombe pas dans l’hagiographie et Benicio del Toro livre une belle prestation. Quelques répétitions et certains personnages sont difficiles à identifier quand on est néophyte en guérilla latine mais c’est une réussite.

4ème : Valse avec Bachir

Ari Folman (Israël)

7/10

Un documentaire animé, c’est déjà hors norme. Visuellement éblouissant, sujet essentiel… le propos est un peu appuyé par moment malheureusement mais à voir absolument, ne serait-ce que pour la curiosité qu’il constitue.

3ème : L’Échange

Clint Eastwood (États-Unis)

7/10

Un film au traitement classique : belle photographie, production design de qualité et scénario très écrit. L’histoire est intéressante et glaçante. Angelina Jolie livre une performance mémorable. Peut-être un poil long, on évite pas quelques redites. Une grosse réussite malgré tout.

2ème : Gomorra

Matteo Garrone (Italie)

8/10

Un film courageux sur la mafia, ambitieux à la fois dans le fond et dans la forme. Quasi documentaire, quelques scènes attendues mais aussi bardé de scènes mémorables. À voir sans faute !

1er : Entre les murs

Laurent Cantet (France)

8/10

Voilà un film très rythmé présentant une galerie de personnages décalés et immédiatement attachants. Peut-être caricatural par endroit mais stimulant, questionnant et universel. Belle Palme !

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