3 questions à Christophe Heral (compositeur, Ubisoft)

L’écologie, c’est important. C’est pourquoi ce premier article sera un odieux recyclage de mon ancien (et éphémère) blog « Video Game Creators ». Il s’agit d’une courte interview de Christophe Heral, compositeur attitré de Michel Ancel depuis Beyond Good & Evil.

L’occasion pour moi de remettre à disposition ce contenu et de préciser que son nom s’écrit bel et bien « Heral » et non « Héral » comme il me l’avait indiqué !

L’interview date du 13 avril 2012. Ça ne nous rajeunit pas mais on attend toujours Beyond Good & Evil 2 !

1. Vous avez œuvré sur la bande-son de l’adaptation du film Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne de Steven Spielberg. Comment travaille-t-on sur l’adaptation d’un film qui a déjà une charte sonore établie ?

Quand nous avons commencé à travailler sur le jeu, nous avions uniquement le script du film. Donc, pas de possibilités de trouver une inspiration sur le son et la musique du film car il n’y avait rien d’autre que la littérature comme documentation disponible.

Mais justement, c’est ce que j’ai trouvé particulièrement exaltant : partir de zéro, imaginer l’univers du chevalier François de Hadoque et l’univers de Tintin.

Pour l’ancêtre de Haddock, j’ai regardé des films des années 40/50, du cinéma d’Hollywood comme L’Aigle des mers ou Capitaine Blood … des films souvent mis en musique par Korngold, le père spirituel de John Williams. Je trouvais très intéressante l’idée de se rapprocher d’une musique d’un autre temps, puisqu’il s’agissait du trisaïeul de Haddock, créant ainsi un décalage temporel.

Tintin est un personnage moins cinématographique que Haddock, qui est un homme au plus bas lorsqu’on le rencontre la première fois et qui, petit à petit, va se reconstruire lorsqu’on découvrira que son ancêtre n’était pas le pleutre que l’on croyait qu’il était !

Quant à Milou, je trouvais que la musique que l’on pouvait écouter avec le Hot Club de France lui allait très bien. J’ai donc écrit de la musique dans le style de Django Reinhardt et Stéphane Grapelli !

Il y a aussi le véritable Air des bijoux que chante la Castafiore. J’ai trouvé assez triste d’entendre dans le film un autre air que le fameux « Ah ! je ris de me voir si belle en ce miroir ».

Enfin, en pensant aussi à ce que l’on pouvait écouter à la radio, j’ai composé deux chansons.

2. Pouvez-vous nous en dire plus sur la musique de Rayman Origins ? Quel était le cahier des charges initial et comment avez-vous travaillé sur ce projet ?

Pour Rayman Origins, le cahier des charges était assez simple, on pourrait le résumer à « Faut que ça soit fun ! ».

C’est un jeu que j’ai dû attaquer en même temps que Tintin, donc vous pouvez imaginer la masse de travail l’année dernière. Nous avons décidé avec la team de Rayman de faire appel à Billy Martin, un très bon compositeur américain pour nous aider à finir dans les temps. Il a su parfaitement rentrer dans l’univers musical du jeu.

Pour Tintin et pour Rayman, il y avait Mathieu Alvado qui a orchestré beaucoup de morceaux, un garçon délicieux avec lequel c’est un véritable plaisir de travailler.

3. Beyond Good & Evil a acquis le statut de jeu culte et sa suite est très attendue par les fans. La musique du jeu faisait appel à des musiques du monde très variées. Quelles ont été les traditions musicales qui vous avaient le plus inspiré pour ce jeu ? Aviez-vous été influencé par d’autres musiques de jeu ?

Ah… Beyond Good & Evil… c’est mon premier jeu vidéo, il restera comme une expérience extraordinaire, j’ai beaucoup de tendresse pour ce jeu.

J’avais envie de mettre de l’Espagne, du Maghreb, de l’Inde, du moldavo-serbo-croate : je pouvais tout faire !

Je n’ai pas pu avoir été influencé de quelque manière que ce soit par une ou des musiques d’autres jeux, pour la simple et bonne raison que je ne joue pas et que je suis assez inculte en musique de jeu vidéo 🙂

Le site de Christophe Heral

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